Les nouveaux vitraux contemporains illuminent l’Abbaye royale de Fontevraud
Par La rédaction Toutes les Abbayes ·
Une rénovation artistique au cœur de l’histoire monastique
L’abbaye royale de Fontevraud, haut lieu de l’histoire des Plantagenêt, vient d’accueillir une œuvre contemporaine unique : 18 nouveaux vitraux imaginés par l’artiste François Rouan. Installés dans l’ancien réfectoire du cloître du Grand-Moûtier, ces vitraux sont le fruit d’une commande portée par le Centre culturel de l’Ouest, avec le soutien de l’État et de la région Pays de la Loire, pour un montant d’un million d’euros, selon Le Figaro. Ce projet vise à faire dialoguer la double histoire du lieu, de 1101 à 1792, puis de 1814 à 1963, à travers une mise en lumière moderne et respectueuse.
Une œuvre qui dialogie avec le passé
Les vitraux, réalisés par l’Atelier Loire, maître verrier depuis 1946, ont été conçus par François Rouan dans une démarche discrète afin de ne pas polluer l’esprit du lieu. Sur la paroi sud et la paroi nord du réfectoire, ils prennent place dans les fenêtres existantes, apportant une lumière nouvelle tout en conservant l’authenticité du lieu. Rouan, se décrivant comme « coupable » plutôt que sujet, a voulu faire preuve d’humilité en confiant qu’il a tenté de faire dialoguer la mémoire historique et la modernité artistique.
Une symbolique revisitée
Les couleurs des vitraux évoquent différentes strates de mémoire : le jaune d’argent représente l’héritage historique, notamment les tombes d’Aliénor d’Aquitaine, Henri II Plantagenêt, Richard Cœur de lion et Isabelle d’Angoulême, tandis que le rouge évoque la mémoire carcérale et le silence du lieu. Les motifs, issus de la culture celte avec des triskèles, s’éloignent des références chrétiennes traditionnelles, marquant un parti pris artistique clair de Rouan. Il explique avoir voulu créer quelque chose de simple, presque discret, permettant à la lumière de dialoguer avec la mémoire du lieu sans en altérer l’essence.
Une restauration essentielle et un futur polyolé
Ce projet, d’un coût total d’un million d’euros, a débuté par la restauration des menuiseries du réfectoire (600 000 euros), avant l’installation des vitraux (400 000 euros), financée par la région Pays de la Loire. L’ancien réfectoire, désormais transformé en salle polyvalente, pourra accueillir concerts, expositions ou mariages, offrant ainsi une nouvelle vie à cet espace chargé d’histoire, tout en inscrivant dans le temps une œuvre d’art contemporain.